Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 08:03


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Prendre un enfant dans ses bras

Et lui parler tout bas.

Lui dire des mots en couleur,

Des paroles de douceur

Sur le goût de sa peau,

Ses yeux si beaux,

Ses lèvres si bien dessinées

Et ses petites mains potelées.

 

Prendre un enfant dans ses bras,

Issu du plus beau des combats,

Il est le fruit de l’amour-roi

Et porte en lui des bouts de soi.

Ecouter battre son cœur

De tous les bonheurs,

Sentir son souffle léger

Dans les airs s’envoler.

 

Prendre un enfant dans ses bras

Et le serrer contre soi,

Lui offrir le plus tendre de nos regards,

Celui que l’on réserve aux splendeurs rares,

Celles que le silence délivre,

Qui toujours nous enivrent,

Car elles font vibrer notre sang

Et vivre nos sentiments.

 

Prendre un enfant dans ses bras

Et lui murmurer sans embarras

Que du monde il est le meilleur,

Que de la vie il efface tous les malheurs

Par ses rires et ses sourires,

Que son âme est le plus des livres

Où s’écrivent nos souvenirs

Et se dessine notre avenir.

 

Prendre un enfant dans ses bras,

Lui confier qu’il est notre foi,

Celui qui par-dessus tout,

Envers et contre tous,

Nous aide à survivre

En nous apprenant à mûrir.

Surtout lui avouer qu’il efface nos chaînes

Et que très fort on l’aime.

 

 

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 07:52


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Je connais un coin charmant,

Gentil et très accueillant,

De ces endroits perdus

Comme il n’en existe guère plus,

A mi-chemin entre le passé et l’avenir

Et qui fleure bon les souvenirs.

Là il y a un petit ruisseau,

Mais pas de bus ni de métro,

Une vieille église et son clocher,

Très loin des supermarchés.

Les gens prennent le temps,

Pour la survie c’est important,

De vivre et de rire

Dans ce présent sans sourire.

Leurs existences paisibles s’écoulent

Au rythme des oiseaux qui roucoulent.

Ils savourent avec délice le soleil,

La nature et ses merveilles.

Entre leurs champs et leur ménage

Ils ont su s’évader de nos cages.

Les femmes en ronde papotent,

Leurs voix s’envolent sans fausse note.

Juste des futilités,

Jamais de grandes méchancetés.

Les hommes se retrouvent auprès d’un verre,

La vigne, le sang de la terre,

Ils lui rendent hommage

Sans gros dérapages.

Etres mémorables dans leur simplicité,

Jamais je ne pourrai les oublier.

De la société nouvelle ils ignorent les techniques

Mais leur bonheur n’est à nul autre identique

Car sans ordinateur et sans soumission

Ils vivent avec raison.

Ils ont banni le virtuel

Pour bâtir des amitiés bien réelles.

Ici aucune odeur d’ennui,

Le pays embaume le suave parfum des prairies

Où les amoureux se roulent et s’enlacent,

Où les petits pour la première fois s’embrassent.

C’est un joli village égaré

Au creux d’une vallée escarpée,

Lové dans un écrin de nature,

Exhalant les senteurs de pâture.

Chaque jour qui naît y est une fête,

Sans tambours ni trompettes,

Seuls des cœurs qui chantent et dansent,

Comme l’on préserve l’innocence de l’enfance.

Chaque soir qui s’éteint autour du feu

Qui fait briller les yeux,

Se racontent les histoires de jadis,

Les saisons pénibles et les amours complices.

En ces lieux retirés

J’ai retrouvé une paix surannée.

Le cœur chargé de joie, je suis la petite route tortueuse

Qui loin de la ville m’entraîne vers des heures heureuses.

 

 

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 07:17


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Plaisirs pour la vie,

Plaisirs d’une nuit,

Pour vaincre l’ennui

Ou assouvir nos envies.

 

Plaisirs de liberté

Lorsque l’on peut tout laisser,

Tout quitter sans rien regretter.

Quand on ose tout oublier,

Sans pouvoir en souffrir

Et continuer à vivre.

 

Plaisirs d’un regard

Qui dévoile les secrets rares,

Parle sans rien dire,

Nous aide à survivre,

Que sans un mot l’on comprend,

Sans un geste l’on ressent.

 

Plaisirs des mots,

Comme une caresse sur la peau,

Quand la voix les emporte

Et que le vent les escorte,

Comme un feu en mon âme,

Brillant de milles flammes.

 

Plaisirs d’une tendresse

Quand l’existence n’est que faiblesse,

Lorsque tout est noir

Et que renaît l’espoir.

Lorsque tu es près de moi

Et que tu murmures tout bas

Ces paroles embrasées

Qui nourrissent notre hyménée.

 

Plaisirs d’un amour,

Eternel aller sans retour,

Nos corps s’abandonnent,

Nos esprits déraisonnent,

Les heures sont belles,

Les minutes toutes merveilles,

Ton cœur est mon soleil,

Mon sol et mon ciel,

Dans tes bras

Je ne rêve que de toi.

 

Plaisirs de tous les temps,

Universels à travers les ans,

Qui tiennent les êtres,

Les évadent de leurs enfers.

Plaisir d’un jour

Ou bien pour toujours.

Plaisirs uniques

A nuls autres identiques.

Plaisirs multiples,

Peut-être futiles.

Plaisirs légers

D’un soir d’été.

Plaisirs sans fin,

Sans début, sans matin.

Plaisir quand tu nous tiens

Ne nous lâche plus la main.

 

 

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 14:25


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Au moment où  « Elle » fête les 40 ans des Etats généraux de la femme, immense débat lancé à l’initiative du magazine en 1970, elle prend le temps, aujourd’hui, de s’interroger sur les questions posées à l’époque : quelles sont ses aspirations, sont-elles connues et reconnues, quelle est sa condition, sa place réelle dans la société actuelle ? Elle, c’est moi, c’est toi, c’est vous, ce sont toutes les femmes, de toutes les origines, de toutes les cultures, de tous les milieux sociaux.


Aussi, afin de mieux guider sa pensée, elle songe aux deux ou trois générations de femmes qui l’ont précédée dans sa propre famille et tente de savoir si la situation féminine a vraiment évolué au cours du XX° siècle.

 

 

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Son arrière-grand-mère, Rosalie, orpheline très jeune, vivait dans un village reculé du beau pays ariégeois. Elle n’eut guère le choix que de s’assumer très tôt. Couturière, elle épousa un forgeron en 1907. En 1908 naissait un fils puis une fille en 1911. Elle s’occupait de l’entretien de la maison et du potager, de l’éducation des enfants tout en assurant son emploi dont les rentrées étaient indispensables au foyer. L’homme, dont la tâche était forcément plus fatigante que celle de son épouse, se contentait de son travail puis de rentrer pour mettre les pieds sous la table ou prendre du repos. En 1914 il fut appelé sur le front et c’est seule qu’elle a vécu, en 1915, la perte de son fils, noyé dans le canal en tentant de rattraper son ballon. Lors d’une très rare permission il n’a, par contre, pas manqué de la mettre enceinte et c’est encore seule qu’elle a mise au monde une seconde petite fille, Juliette, à l’automne  1917. C’est toujours seule qu’elle a affronté la disparition de sa première fille au printemps 1918, emportée par la grippe espagnole et c’est définitivement seule qu’elle s’est retrouvée lorsqu’on lui a appris le décès de son mari en octobre 1918, tombé pour la patrie, quelque part dans l’Est. Effondrée, épuisée, assassinée par un destin implacable, Rosalie a  conservé malgré tout, pour sa fille, la dignité d’une mère qui se bat jusqu’au bout pour son enfant, même s’il n’en reste qu’un. Elle a réuni ses maigres bagages, serré bien fort la main de sa bambine et est partie s’installer avec elle dans la capitale. Après quelques mois passés dans un modeste hôtel, elle avait d’ores et déjà épargné l’argent nécessaire pour emménager dans un petit appartement au sein duquel, en plus de son emploi de cuisinière dans une école de son quartier, elle a repris ses activités de couturière. A 50 ans, elle disposait d’une belle aisance qui avait permis à Juliette d’obtenir son Certificat d’Etudes Primaires puis de suivre un apprentissage de modiste. Elle ne s’est jamais remariée, n’acceptant aucun autre homme dans son existence, ne se consacrant exclusivement qu’à son enfant. Même si elle est décédée à 90 ans c’est en fait à l’automne 1914, alors qu’elle n’avait encore que 29 ans que sa vie s’est véritablement arrêtée. La suite n’a été que survie par devoir et obligations. Rosalie est morte en appelant son mari et ses enfants disparus.

 

 

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Juliette, aimante et reconnaissante, ne l’a jamais abandonnée même si elle était consciente que sa seule présence ne suffirait pas à rendre sa mère heureuse. En 1938 elle rencontra un émigré italien, beau parleur au regard ténébreux, qui profita de son innocence pour la séduire puis l’abandonner lorsqu’il sut qu’elle était enceinte. En cet instant débuta pour elle un calvaire comme il est impensable de l’imaginer de nos jours car, à l’époque,  avoir un enfant sans père était la pire des hontes pour une femme. Aussi forte de caractère que sa mère, elle assuma toutefois pleinement sa maternité tout en faisant prospérer son petit commerce de chapeaux. Rosalie cousait, Juliette confectionnait des coiffes. Une petite fille, Marie, naquit au printemps 1939. Pour des raisons certes différentes mais elle se retrouva telle sa mère une vingtaine d’années plus tôt. Vingt ans avaient passés mais rien n’avait évolué pour les femmes. Le mariage ne signifiait pas plus le bonheur assuré que le célibat et elle s’en rendit bien vite compte dans son entourage lorsque ses amies prenaient un époux. Les femmes étaient majoritairement condamnées à demeurer au domicile afin de mieux servir Monsieur, pour entretenir la demeure et assurer l’éducation des enfants. Elles allaient pourtant plus longtemps à l’école, suivaient parfois des études très longues mais non seulement certains secteurs ne leur étaient pas accessibles mais pour les emplois auxquels elles pouvaient postuler elles étaient moins rémunérées que l’homme, en dépit d’une formation égale voire supérieure. Cette réalité conforta rapidement Juliette dans sa pensée que le mariage était comparable à de l’esclavage moderne et qu’en définitive un homme n’était qu’une source de problèmes dans la vie d’une femme, que cette dernière, avec un peu de volonté et de courage, était parfaitement capable de pourvoir seule à ses propres besoins voire d’éduquer un enfant. Elle jugeait l’espèce masculine grossière, insensible et trop peu attentionnée à l’égard du sexe opposé. Malgré de nombreuses propositions, elle n’accepta jamais plus de se placer sous la dépendance d’un homme. Elle aimait Marie et était fière de sa fille mais sa porte fut définitivement fermée à toute aventure. C’est épanouie qu’elle évoluait entre sa mère et son enfant. Ensemble elles sortaient au restaurant, au cinéma, au théâtre et à l’opéra. Ensemble elles partaient en vacances chaque année dans la même pension de famille qu’elles avaient dénichée en Corse. Juliette détenait son permis de conduire, avait acquis une petite maison en banlieue afin que Rosalie puisse prendre une retraite bien méritée, pour se retrouver au calme avec sa propre fille. Juliette avait su s’émanciper du joug masculin et elle s’était fixée comme priorité l’obligation de transmettre cette liberté à Marie. Elle quitta ce monde en 2003, entourée de sa fille et de sa descendance, toujours aussi pétillante qu’en sa jeunesse, patientant pour son ultime voyage avec sérénité car somme toute fière de son parcours et de l’héritage qu’elle léguait à son unique enfant.

 

 

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Marie révéla très tôt des talents inouïs pour le dessin. Enfant calme, dotée d’une belle imagination, elle passait des heures à se raconter des histoires, en solitaire. Par nature Marie ne supportait pas les tapages engendrés par les garçons qui ne songeaient à s’exprimer qu’à travers des jeux bruyants où il était question de courir après un ballon pour marquer le plus de buts possibles, de batailler avec des bâtons pour s’affirmer comme le chef de bande, supériorité gagnée dans le combat ; dès son plus jeune âge il ne peut s’empêcher de régner par les coups ou des paroles chargées de violence ; dans son esprit d’enfant elle se représentait les garçons telles des brutes épaisses manquant totalement de raffinement, des êtres se moquant en permanence de la coquetterie féminine, sous-estimant les aptitudes des filles, réduisant leur avenir à celui d’une bonne servile épousée juste pour lui faire des enfants et bénéficier de ses services sans avoir à débourser le moindre centime. Marie n’avait pas 10 ans quand elle commença à détester ces airs dédaigneux qu’empruntaient les garçons à l’égard des filles et se fit la promesse que jamais elle ne se laisserait dominer ou dévaluer par un homme. Elle préfèrerait engendrer la souffrance plutôt que de la subir. Après des études de dessins publicitaires accomplies dans une école privée, elle se vit offrir en 1968 le poste de responsable de la publicité d’une grande compagnie nationale. Elle hésita longuement à accepter cet emploi car il impliquait des déplacements réguliers à l’étranger qui l’obligeraient à s’éloigner de sa mère et de sa grand-mère dont elle ne pouvait se passer. Par ailleurs elle était très investie dans divers mouvements féministes et n’aspirait pas à abandonner la lutte pour ses idéaux. C’est au retour d’une de ses réunions qu’elle fit la connaissance de Pierre, chauffeur de son bus. D’emblée ce fut un coup de foudre réciproque auquel elle ne s’attendait véritablement pas. Certes, toutes ses amies étaient mariées voire mère de famille et elle espérait elle-même, compte tenu de ses 29 ans, devenir un jour maman mais le mariage, la vie en couple, ne l’inspiraient guère. Elle chérissait beaucoup trop sa liberté pour vraiment s’imaginer devoir rendre des comptes à un individu qui, forcément, bouleverserait la sérénité de ses heures. L’idéal eut été de faire un bébé toute seule. C’était sans compter sur les élans du cœur. C’est pourquoi au mois de juillet de la même année elle accepta de devenir l’épouse de Pierre. Cette étape métamorphosa comme prévu tous ses plans initiaux. D’abord son mari n’accepta pas qu’elle travaille prétextant qu’il était ridicule d’envisager une union s’ils ne devaient jamais se voir. Allégation renforcée par la perspective de la venue prochaine de leur premier enfant. Marie fit donc profil bas et remisa au placard toutes ses ambitions professionnelles. Estelle naquit en avril 1970, puis se fut Benjamin en mars 1971, Rémi en juillet 1972 et Vanessa en mai 1975. Entre temps, Marie s’était aperçue du penchant pour la boisson de Pierre, supportait une belle-mère envahissante et tyrannique, s’était empesée d’une bonne trentaine de kilos et avait perdu toute la belle personnalité de son caractère. Sa volonté s’était totalement évanouie, elle végétait entre les couches et les biberons, vivait par procuration au travers des magazines qui prônaient l’image d’une femme belle, élégante, intelligente, libre et équilibrée. Les journées étaient épuisantes et les soirées d’enfer quand son mari, ivre, rentrait pour hurler sur tout ce qui bougeait, tyrannisait ses enfants et persécutait sa femme. Il fallut bien du courage à Juliette pour oser se mêler de cette histoire et oser bousculer sa fille afin qu’elle assume dignement les responsabilités qui étaient les siennes. Rosalie venait de décéder, elle était un modèle pour Marie qui se remémora le parcours autrement difficile de son aïeule et décida de se reprendre en mains. Elle retrouva d’abord sa silhouette, dénicha un emploi en conformité avec sa formation puis aborda l’étape la plus difficile en réclamant la séparation. L’instant fut pénible à traverser pour elle mais également pour les bambins car les femmes et les enfants, en dépit des preuves accablantes comme dans son cas, étaient loin  de bénéficier de la même protection sociale et judiciaire qu’aujourd’hui. Le divorce obtenu, Marie s’installa chez sa mère qui venait de prendre sa retraite. A 38 ans elle se retrouve seule à élever ses quatre progénitures mais elle s’aperçoit désormais que la présence de Pierre à ses côtés n’a jamais été qu’une illusion, un changement d’état civil qui n’a fait que ternir son quotidien, une lourde charge à supporter ainsi qu’une entrave majeure à son épanouissement et celui de ses enfants. Rapidement elle trouve ses marques dans la société active et, grâce au précieux soutien de sa mère, jongle allègrement entre sa vie privée et professionnelle. Naturellement les journées sont bien chargées mais sa tranquillité n’a pas de prix. Pierre s’est évanoui dans la nature, oubliant jusqu’à son rôle de père, noyant probablement ses échecs dans le fond d’une bouteille. Les années passent, les enfants grandissent, Marie gravit les échelons au sein de son entreprise et termine sa carrière avec la charge du département publicité de sa société.  Après de solides études imposées, les enfants se sont embarqués pour divers horizons mais ils semblent heureux, dans l’ensemble. Elle les voit de tant en tant, pour les fêtes ou son anniversaire… Elle ne se plaint pas car chacun sa vie… Le monde a changé, les priorités aussi… Et puis il y a elle. Elle c’est Vanessa, la seule qui soit demeurée très proche de sa mère, la seule qui ait les mêmes valeurs, qui connaisse des déboires semblables.

 

 

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Vanessa a 35 ans, elle est psychologue, mariée, trois enfants, divorcée, remariée, deux enfants et à nouveau séparée. Vanessa est une belle femme élancée, élégante et sportive. Intelligente et instruite, ses facultés intellectuelles lui permettent d’aborder l’existence avec une bonne dose de réalisme. Bien que franchement cartésienne dans sa manière d’organiser son quotidien, elle n’en demeure pas moins une grande sentimentale qui se rêve l’amour avec un grand A, la passion dévorante avec un Roméo des temps modernes. Indépendante, totalement apte à assumer ses 5 enfants, elle ne peut s’imaginer une union autrement que submergée dans une foule de bons sentiments, d’attentions délicates et de mots tendres. Adepte de la communication à outrance, c’est une cérébrale qui ne parvient pas à dominer sa pensée, sa réflexion quels que soient l’instant et les êtres concernés. Aussi, en dépit de sa réussite professionnelle, de sa position sociale privilégiée et surtout  du bonheur que lui procurent ses chérubins, elle ne sait que s’apitoyer sur l’échec de sa vie sentimentale et qualifie son parcours de déroute monumentale. Obsédée par la solitude, effrayée à l’idée que son destin soit aussi dénué d’affection que ses ancêtres, elle s’acharne à trouver coûte que coûte un partenaire digne de ses attentes qui puisse l’accompagner jusqu’à la fin de ses jours.

 

 

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Plus de 100 cent ans ce sont écoulés depuis le mariage de Rosalie. Quatre générations de femmes se sont succédées et pourtant la réalité reste la même. La femme pense s’être émancipée car elle a acquis certaines libertés comme le droit d’exercer une profession, d’entretenir son corps au sein d’un club, de choisir ou non d’être mère mais ce ne sont que des détails perdus dans un océan d’incompréhension, d’inégalités et d’injustices. Effectivement aujourd’hui la femme n’a plus besoin de l’autorisation de son mari pour travailler mais en contrepartie elle ne doit pas oublier de s’occuper également du ménage, des enfants, des courses au supermarché, des nuits à veiller lorsque les gosses sont malades, etc… Ainsi elle s’est elle-même condamnée à devoir subir le double de tâches sans pour autant en acquérir plus de reconnaissance.


Quel homme est capable d’établir une liste précise et exacte des aspirations de son épouse ? Quel est l’homme qui, en toute honnêteté, peut affirmer qu’il y répond ? Combien de femmes, avec une formation équivalente et pour un job similaire, gagne le même salaire qu’un homme ? Combien de pays octroient une juste place à la femme dans la direction de leur état, dans les ministères, aux postes les plus élevés des entreprises, des banques ou des administrations ? Même au cinéma les acteurs les plus en vue perçoivent 2 à 3 fois plus que l’actrice la mieux rémunérée… De nos jours, non seulement la femme se doit d’être belle, entretenue, coquette, intelligente, instruite mais, de surcroît, pourvoir autant que possible à son indépendance financière. Résultats des courses, l’homme moderne n’est pas plus à l’écoute que ses prédécesseurs mais, en plus, il n’est même plus digne de sa réputation de chef de foyer, fort et responsable, capable de garantir le gîte et le couvert à sa famille ! Par contre il est toujours aussi notable de préciser qu’il est majoritairement à l’origine de tous les conflits qui éclatent à travers la planète, de la dégradation évidente de cette dernière ; en résumé qu’il est l’incarnation du mal qui entraîne notre monde à sa perte ! Les hommes commandent, les hommes gèrent, les hommes décident, les hommes se trompent, les hommes sont à la tête des plus importants réseaux d’assassins et d’escrocs, de trafics de drogue et de prostitution,  mais ce sont les femmes et les enfants qui paient l’addition !


S’il est une évidence que l’évolution des technologies surtout en matière d’électroménager et de transport, le développement de certains produits comme les plats préparés, la mise en place de structures adaptées pour l’accueil des jeunes enfants, le libéralisme dans les mentalités et les lois quant au droit légitime de disposer de son corps, sont une avancée importante pour la condition de la femme ; il est également indubitable que bien des femmes, telle Vanessa, ne sont guère plus épanouies que leur arrière-grand-mère dans leur vie privée. Un diplôme, un métier, un permis de conduire ne seront jamais les clefs du bonheur. La vérité est ailleurs. Si la femme détient une idée précise de son image, de sa position dans la société, de ses attentes, il est essentiel qu’elle soit reconnue dans son entité, qu’elle soit soutenue dans ses désirs professionnels et sociaux mais surtout privés. Malheureusement peu d’hommes sont conscients qu’ils ne peuvent pas établir le même genre de relations avec le sexe opposé comme ils le font avec leurs collègues de bureau ou leurs copains de sport. L’homme ne tient toujours pas compte de la fragilité de la femme, de ses besoins de douceur et de tendresse, n’acceptent pas leurs pleurs et leurs craintes.


Tant que ceux qui sont aux commandes de quasiment tous les rouages de la communauté, tant que le mâle refusera d’offrir le plus meilleur qui est enfoui au fond de son cœur, la femme demeurera un être en souffrance…

 

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Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : CHRONIQUES ACTUELLES - Communauté : Blois, autrement
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Mardi 2 mars 2010 2 02 /03 /2010 11:22


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Nous nous sommes rencontrés il y a bien longtemps,

L’époque était rose et nous étions enfants.

Tu vivais dans une maison somptueuse

Où tu coulais des heures heureuses.

Je vivais là-bas sous le petit toit

Où la puissance ne règne pas.

Tu étais choyé comme tous ces fils uniques

Mais dans ce monde tu cherchais déjà ton identique.

J’évoluais dans une grande famille

Au sein de laquelle tout et tous étaient paisibles.

Nous nous ressemblions, nous étions si différents

De ces enfants et de leurs amusements.

Tu aimais les futilités

Pour sortir de tes banalités.

La richesse enterre dans la détresse

Et souvent tu me lançais des SOS.

J’adorais les livres

Qui m’aidaient à fuir

Mon univers un peu trop vide

Et ces journées parfois si livides.

Nous nous racontions des histoires,

Nous confions nos espoirs

Tellement si lointains

Dans ces jours et leurs lendemains.

Puis nous avons grandi

Et tu es parti.

Tu as toujours eu quinze ans, cette adolescence,

Tellement de projets et tant d’insouciance.

Les années ont passé,

Je t’ai sans cesse regretté.

J’ai tracé mon chemin,

Assuré mon destin,

Dans une existence éternellement solitaire

Car tu n’étais plus là, toi qui étais comme mon frère.

Je t’ai aperçu, au détour,

Des souvenirs immortels, un merveilleux retour.

En ma mémoire tu avais conservé ce visage

D’un enfant sage comme une image,

Un petit coin à part,

Des clichés rares,

Tous les secrets cachés de notre enfance,

Nos rires, nos chants et nos danses.

Souvent je ne saisissais pas tes silences,

Si clairs quand j’y repense.

Remplis de grands sentiments,

De cette passion réservée à ceux qui aiment tant.

Semblables à ceux que je ressens,

Qui font battre mon cœur et vibrer mon sang.

A quinze ans j’avais trop peur d’une romance,

Aussi tu as préféré l’absence.

Aujourd’hui il n’est pas trop tard,

Prendre un nouveau départ.

Si de mon amour tu as encore envie,

Qu’ensemble nous bâtissions notre vie,

Même si nos racines sont nées en des jardins si divergents,

Nos âmes se sont envolées sous des cieux ressemblants.

Il te suffira d’un signe, d’un mot

Ou peut-être d’un regard à défaut.

Je comprendrai tes désirs

Et te suivrai dans notre avenir.

 

 

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
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