DANAYA

Calendrier

Mars 2010
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31        
<< < > >>

Catégories

Recherche

Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 19:36


466699wj9.jpg


Jour de décembre sous la neige,

La route immaculée et ses pièges.

Une année qui s’achève

Avec ce mois de rêve.

Sur leurs visages, leurs sourires

Qui les aident tant à vivre.

La campagne est tranquille avec ce temps,

Leurs vies paisibles, ils s’aiment tant.

Et puis soudain, au détour

D’une route, d’un carrefour,

Le point de non retour,

Le compte à rebours.

Collision inévitable, choc frontal,

Stupide, insensé, l’accident fatal.

Envolés tous ces instants de bonheur,

Le présent se noie dans le malheur.

Effacés tous ces rêves et ses désirs,

Son cerveau n’est plus que délires,

Restent les souvenirs

Et cette obligation de survivre.

De son être il a perdu la moitié.

Pourquoi lui, pourquoi cette fatalité ?

La vie lui a tout pris, sans jamais rien lui donner.

Cette femme si douce, pourquoi l’avoir tuée,

Elle était si jeune, elle n’avait que trente ans

Elle portait en elle leur enfant.

Maintenant il est tout petit, il pleure,

L’existence n’a plus de goût, aucune saveur.

Elle était ses jours, elle était ses nuits,

Elle gommait ses ennuis et créait ses envies,

Elle était belle et terriblement intelligente,

Timide, fragile et si indulgente,

Elle traînait ses chaînes,

Et apaisait ses peines.

Elle était toutes les fleurs qui embellissent la vie,

Il ne reste que les larmes qui détruisent ceux qui survivent.

Sans cesse dans sa mémoire

Il se racontera leur histoire

Car elle aurait voulu qu’il en soit ainsi,

Elle y pensait souvent, le lui avait dit :

«  Notre amour sera toujours fait de rêves blancs

C’en est sûr, il ne peut en être autrement,

Nous nous aimons tellement,

Que même la mort ne tuera pas vraiment. »

 

 

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 19:28



id240Petit_ange2.jpg


Lorsque revient le soir,

Quand la nuit est si noire,

Lorsque la vie redevient espoir,

Quand le jour fuit autre part,

A quoi penses-tu petite fille 

Dans ton sommeil tranquille ?

 

Lorsque tes yeux sont clos,

Quand ton visage est si beau,

Que ta peau est si douce,

Quelles sont les pensées que ton âme épouse ?

Rêves-tu en couleur ou en noir et blanc ?

Vois-tu des jeux et des enfants ?

Y-a-t-il des rondes ?

Comment est ce monde ?

Dis-moi tout cela,

Montre-moi ces songes-là.

 

Lorsque naît le matin,

Quand vient ce lendemain,

Lorsque renaît la maison,

Quand revit la raison,

A quoi espères-tu petite fille

Dans ton existence paisible ?

 

Lorsque ton corps danse,

Quand ta voix balance,

Que tes lèvres sont si roses,

De tes envies quelle est la cause ?

Veux-tu la gloire et la puissance ?

Désires-tu encore de belles romances ?

Dans ton cœur y-a-t-il toujours ces grands sentiments ?

Bannis-tu la laideur et les méchants ?

Dis-moi tout cela,

Montre-moi ces désirs-là.

 

De nos années tu es l’avenir,

Notre espérance et nos délires.

Notre passé se perd dans nos mémoires

Et tu traces les chemins de l’histoire.

Avec tes livres et tes ordinateurs

Tu bâtis ton bonheur.

A coup de réunions et de télévision

Tu enfermes les raisons.

Tu es si jeune et si fragile

Mais tu es de ce monde futile.

Notre univers meurt de ses contradictions,

Sauve-nous avant qu’il n’y ait plus de solutions.

 


Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 18:32

 

 

blog28.jpg

 

 

Que possède-t-on lorsque l’on est bébé

Sinon les yeux pour admirer ?

Que possède-t-on lorsque l’on a vingt ans

Sinon les yeux pour faire semblant ?

 

Que nous reste-t-il  lorsque tous ces êtres nous ont quitté

Sinon les yeux pour oublier ?

Que nous reste-t-il lorsque l’on est âgé

Sinon les yeux pour pleurer ?

 

Bleus, ils font dire aux amoureux

Qu’ils sont plus beaux que l’azur des cieux.

Bruns, couleur de la chaleur,

Ils unissent les cœurs.

Et les vertes boules de cristal

Réchauffent l’âme dans la soie.

 

Bleus, bruns ou verts

Ils sont faits pour être grand ouverts

Pour regarder, contempler sans se lasser

Et mourir en ayant aimé.

 

 

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 18:25


une-ronde-1.jpg


Je ne veux plus de ce monde,

Je désire quitter la ronde,

Ne plus entendre ces cris

Choisir l’oubli,

Ne plus voir ces violences

Et opter pour l’indifférence,

Savoir tous les malheurs

Et encore croire au bonheur,

Supporter toutes ces laideurs,

Admettre toutes ces horreurs.

Comment vivre dans ce climat,

Avoir peur à chaque pas ?

Parler, tout dire,

Mais ils penseront que ce sont des délires.

Je ne suis pas comme eux,

Ils l’ont vu dans mes yeux.

Nous n’avons pas le même cœur,

Ne donnons pas les mêmes valeurs

A ces bons sentiments existants

Qui ne restent chez eux qu’à l’état latent.

Vous conviendrez, il faut l’admettre,

Ils sont les rois, ils sont les maîtres,

Que du jeu je dois m’effacer

Et ailleurs chercher une autre destinée.

 

 


Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 26 février 2010 5 26 /02 /2010 10:01



06.08.09-091.jpg2.jpg



Michel a fêté ses 20 ans en 1946 à Saigon. En ce temps-là, l’aventure, pour les plus pauvres, consistait à s’engager dans l’armée pour défendre l’honneur de la France et revenir avec une promotion voire des médailles. Michel s’est battu avec toute l’ardeur de sa jeunesse ; Michel a vu les horreurs, a touché le pire qu’il n’ait jamais imaginé en ses envies d’escapades lointaines ; Michel s’est rebellé, contre la barbarie, contre l’autorité ; Michel a été cassé de grade, jeté en prison et est revenu aigri, pour toujours. De ses séjours reculés il est rentré avec une dysenterie amibienne et le scorbut.

Par la suite, l’aventure s’apparentait à cette route sur laquelle il s’épuisa des années durant, au volant de son camion, pour un salaire de misère.

A 55 ans, Michel a connu d’autres aventures : celles de l’hôpital. L’organisme que la vie a trop mal sollicité et qui présente précocement des signes d’usure intense. Admission, opération, convalescence, trois cycles qu’il connait par cœur depuis 25 ans.

Lorsqu’il épousa Jeanne, il lui fit la promesse que leur fils ne connaitrait point les mêmes mésaventures que lui, qu’il accomplirait l’impossible pour que son enfant savoure le goût exquis de la félicité.

A 84 ans, en dépit des orages et des tempêtes, Michel est toujours là. Sagement, résigné, il attend d’entreprendre sa dernière aventure, son ultime voyage. Serein, il est encore persuadé que cette fois sera la bonne, l’aventure absolue, pour l’éternité.

 

Son fils, Jean, a eu 20 ans en 1968 à Paris. A cette époque, l’aventure, pour les moins nantis, se résumait à manifester pour que change le monde et lancer des pavés sur les forces de l’ordre. Monter des barricades comme aux heures de gloire de la France et affronter un ennemi qui n’en était pas un. L’aventure avait le goût des récits écrits par les autres auxquels on s’identifiait. Au final on avait le choix entre faire sa révolution en partant élever les moutons dans le Larzac ou terminer tranquillement ses études en obtenant ce diplôme bourgeois sur lequel on avait tant craché. Jean a opté pour la seconde option ; il a décroché son doctorat en droit puis est rentré dans l’administration.

Les premières années ont été difficiles car subsistaient en lui des relents de ses aspirations de jeunesse. Il avait le sentiment d’appartenir à cette génération qui allait tout métamorphoser en démontrant aux anciens comme à ceux qui allaient suivre qu’une nouvelle ère était en marche, qu’enfin les hommes avaient compris le véritable sens de la vie. Feux de paille, lutte avortée, idéaux bien vite oubliés au profit d’un confort initialement critiqué. Les plus résistants sont entrés en politique mais la grande majorité s’est installée dans un conformisme étriqué.

Au fil du temps, Jean a gravi les échelons, troqué son vieux tacot contre une berline haut de gamme truffée d’options et bourrée d’électronique, a échangé sa chambre de bonne contre une superbe villa avec piscine en banlieue, abandonné la tente percée installée dans un camping miteux contre une destination exotique agrémentée d’une pause hivernale pour pratiquer le ski comme tous les membres de son club de golf, délaissé Marie, la douce hippie rêveuse, pour épouser Nathalie, Directrice des Ressources Humaines dans une multi nationale, engendré un garçon puis une fille, pris une maîtresse pour diversifier ses goûts en matière de sexualité.

A la naissance de son fils, il éprouva l’intime conviction que cet enfant si parfaitement réussi serait son digne successeur, que ce dernier profiterait plus tard de l’aisance financière de sa famille en accomplissant de solides études qui lui permettraient d’installer son futur foyer dans de plus hautes sphères sociales.

Aujourd’hui Jean est à la retraite et ne peut s’empêcher de constater qu’à défaut d’avoir vécu les périples courageux de son père il n’a même été capable de respecter une once des utopies qui peuplaient son âme naguère. Pire, il les a toutes trahies une à une, devenant l’archétype du consommateur abusif qui a noyé ses désillusions et sa routine dans un matérialisme à outrance.

Désormais il tente de redorer son blason en s’improvisant jardinier écolo soucieux de son environnement, en installant des panneaux photovoltaïques sur le toit de sa demeure acquise en Creuse et en chauffant son chalet de bois uniquement grâce à une cheminée. Fier de son comportement responsable pour la planète, il n’a pas encore compris que ses gestes actuels n’effaceront en rien la multitude d’habitudes indécentes qui ont été les siennes durant des décennies. Après des années de perdition il est persuadé de vivre enfin en harmonie avec ses envies profondes, d’aborder les vrais sentiers d’une aventure dont il a toujours rêvée, sacrifiée sur le bûcher de ses ambitions et payée le prix fort puisqu’elle a du être mise entre parenthèses pendant plus de 40 ans.

 

Son fils David a eu 20 ans en 1995 à Boston. Parti pour réussir des études de management à Harvard, il décidera de devenir saltimbanque. Perdu dans une époque où aventure rime plus avec risque qu’avec dépaysement, David est conscient que son monde se perd dans la misère, les guerres, le terrorisme, le chômage, les dérèglements climatiques, le sida, le stress, les dépressions chroniques, les suicides. Etouffé par une éducation rigide, dépité avant même d’avoir affronté le moindre obstacle, il profita de la première porte ouverte pour s’enfuir de ce carcan familial dont la communication était le cadet des soucis. Ecoeuré par l’ambition absurde de ses géniteurs, déçu par le patriotisme inutile puis le stakhanovisme stupide de son grand-père, il a décidé très tôt de vivre au gré de ses humeurs.

Il lutta avec toute la fougue de son âge pour l’indépendance du Tibet, apporta son aide au sein d’organisations humanitaires en Afrique, manifesta contre les guerres imbéciles entreprises seulement pour enrichir ceux qui ont des intérêts financiers en des places particulières, créa des comités de soutien pour venir en aide à diverses minorités aux quatre coins de la planète.

Au seuil de ses 35 ans, titulaire d’un compte en banque bien moins fourni que celui de son paternel, l’âme chargée d’une multitude de rencontres toutes plus enrichissantes les unes que les autres, il est d’ores et déjà fier de son parcours. Bénévole au sein de nombreuses associations caritatives, il est heureux dans la modeste maison qu’il a construite à la force de ses poignets, auprès de la tendre Mariam rencontrée lors d’une halte au Mali ; ensemble ils cultivent un immense potager dont il distribue les surplus aux humbles de son entourage et savoure un bonheur exquis à partager Noël avec les indigents auxquels il sert des repas chauds. Il est instituteur et poète à ses heures ; il chante dans la chorale de son village et collectionne les clichés des fleurs sauvages qu’il immortalise lors de ses nombreuses randonnées en famille.

David n’a jamais rêvé d’aventures égoïstes au bout du monde ; David n’a jamais été gagné par une ambition dévorante ; David n’a jamais souhaité qu’aider son prochain afin que les lendemains soient plus ensoleillés pour chacun. Il a deux filles et un fils pour lesquels il ne bâtit aucun projet particulier pour l’avenir ; il aspire seulement à profiter pleinement et simplement des instants présents en leur compagnie ; il fait le vœu qu’ils puissent trouver une voie sereine dans un univers chahuté par les ravages du temps et les séismes, gangréné par d’alarmantes crises,  persécuté par des intolérances insensées et dont l’insécurité est effrayante.

 

Noah aura 20 ans en 2020. Il les fêtera peut-être à Saigon devenue Hô-Chi-Minh-Ville, à Paris ou à Boston mais en tout cas pas dans ce village perdu où ses parents se sont installés. Du haut de ses 10 ans, il ne connaît pas grand-chose de la vie mais il sait ce qu’il en attend : de la liberté, des horizons inédits, des communautés lointaines, l’aventure. Il admire le courage de son arrière grand-père, la réussite de son grand-père, le libéralisme et l’altruisme de son père mais il sera différent car il appartient à une génération capable de tout, rien que du meilleur et pas de pire. Il ne commettra pas les mêmes erreurs que ses aînés, fera forcément mieux car il détient toutes les qualités améliorées de chacun, sans les défauts. Il vivra dix vies en une sans jamais ressentir la fatigue ou les blessures, sans jamais affronter d’échecs, sans jamais éprouver de regrets. La victoire intégrale au bout de l’aventure. Un  monde nouveau pour des êtres supérieurs. L’histoire continue. Tout va bien…

 


Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : CHRONIQUES INTEMPORELLES - Communauté : Blois, autrement
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
 
Créer un blog gratuit sur OverBlog - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés