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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 16:06

 



Qu’est-ce qu’un homme ?

Pas grand-chose en somme !

Quelque part un cerveau,

En général pas très gros.

En son âme un peu d’ardeur,

Un régal, quel bonheur !

Mais souvent c’est la peur,

L’angoisse et le malheur.

L’homme, cet individu

Reste une grande inconnue.

Par delà les ans tant de déconvenues,

Par delà les temps que de bévues !

Comment croire encore en cette création

Qui engendre tant de désillusions ?

Sa tête marche à côté de son cœur,

Ses fêtes se jouent dans les pleurs.

Mais où est donc le Créateur ?

Où se cache le libérateur ?

Des jours meilleurs

Découvrir enfin la couleur,

De l’amour ressentir la douceur.

J’en appelle à l’Auteur,

Arrêtez ces horreurs !


Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 16:03



 

 

Il est enfant de notre monde,

Invité innocent en cette ronde.

Il chante, il danse,

Il balance son enfance,

Par chance dans l’insouciance,

Trop souvent victime de nos inconsciences.

 

Il est enfant du bonheur

Celui qui grandit dans la douceur,

Dans la sérénité de sa mère,

Pour la fierté de son père.

 

Il est enfant de nulle part,

Il cherche son lien sur les boulevards,

Une nuit, vers l’inconnu jeté,

Depuis perdu en nos destinées.

 

Il est enfant d’aujourd’hui,

Entre le passé et l’oubli

Il rêve son avenir

A coup de livres et de sourires.

 

Il est enfant de la misère,

Mendiant en ces déserts,

Qui meure des temps,

Dans les pleurs de sa maman.

 

Il est enfant du désir,

Issu des élans, du délire,

Il est prié, protégé,

Du ciel, remercié.

 

Il est enfant de la guerre,

Né durant l’enfer,

Il est meurtri par les bombes,

Déjà vieilli trop près des tombes.

 

Il est enfant de la joie,

Sans règlement ni lois,

Seul le jeu en point de repère,

Béni des cieux, loin des colères.

 

Il est enfant de la souffrance,

Il endure en silence,

Avec ses heures en sursis

Et juste l’espoir de sa survie.

 

Il est enfant de l’amour,

Celui qui embellit nos mauvais jours,

Efface nos caprices

Sans que cela soit sacrifice.

 

Il est enfant de ce monde

Qui pour l’enfance est trop souvent immonde.

Il est enfant de notre terre,

L’espérance de notre univers.

 

 

 


Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : POEMES - Communauté : Blois, autrement
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 15:54





Parfois je m'imagine arrivée au seuil de mon existence.


Paisible, stoïque, la mort n'est qu'une épreuve inévitable à subir avec dignité, je m'accorderai d'ultimes pensées, compagne de mon dernier voyage. Ce que l'on renferme en soi ne nous quitte jamais ; notre âme en son envol ténébreux emporte avec elle ce bagage que nous avons su ou non charger.


Alors, afin d'enrichir encore mon coeur déjà fort rempli, je ne me retournerai pas sur mon passé, cet acquis est depuis des années à la consigne de l'au-delà ; je regarderai loin, très loin devant, cet avenir paré d'inédits, de connaissances diverses et sans lesquels je vais partir. En cette expérience, je tenterai d'engranger en moi une multitude de couleurs, de senteurs et de mélodies, de multiples sensations, émotions, révoltes et espoirs ; tous ces sentiments qui nous font vibrer et prolongent un semblant de survivance.


Lorsque je sentirai que la lumière baisse sur ma destinée, ce que je désirerais ardemment c'est d'éprouver un regret sincère pour tout ce que je n'ai pas vécu. Non pas mes espérances déçues, seulement mes omissions insouciantes. Je voudrais toucher au désespoir en songeant à ces êtres qui me sont restés indifférents, ces lieux demeurés inconnus, toutes ces créations face auxquelles je n'ai été qu'aveugle.


J'aimerais souffrir des idées échappées, des passions ignorées, des malheurs insoupçonnés. Pour tous ces oublis, ces abandons, ces inconsciences, je souhaiterais enfin ressentir un terrible bouleversement.


Cette confession faite à moi-même ne rachètera en rien mes erreurs commises mais elle sera salutaire à ma conscience. J'admettrai ainsi qu'au festin organisé sur cette terre je n'ai été qu'une piètre invitée incapable de faire honneur à son hôte en ne goûtant que trop peu de ses divins plats.



Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : CHRONIQUES INTEMPORELLES - Communauté : Blois, autrement
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 15:51

 



Il n'était pas rentré de la nuit. Cette fois, j'étais fermement décidée, c'était la rupture. Je prends deux valises, y jette pêle-mêle ses quelques effets personnels et les dépose dans l'entrée. Ce soir nous aurons une ultime explication et ensuite il partira définitivement. Il est hors de question que je reste une journée supplémentaire à partager un logement avec un éternel absent.


J'ai quitté mon travail totalement éreintée. Passablement excitée, j'envisage déjà fort mal l'ambiance de notre dernière entrevue.


J'arrive sur le palier de notre appartement ; les deux valises s'y trouvent. Etonnée, je tente tout de même de rentrer. Impossible d'ouvrir la porte. Furieuse je sonne avec insistance. Silence.



Soudain me rendant compte de mon erreur, j'ouvre l'une des valises. Mes vêtements.

Il a changé les serrures. J'avais juste oublié qu'il était chez lui.

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : CHRONIQUES INTEMPORELLES - Communauté : Blois, autrement
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Jeudi 30 juillet 2009 4 30 /07 /2009 15:42




Mes parents c'étaient des sentimentaux. Quand ils s'attachaient aux êtres, aux choses ou aux lieux c'était pour l'éternité. La preuve, mon père il s'est tellement attaché à ma mère qu'il lui a fait dix gosses ! Je t'explique pas l'ambiance, t'avais intérêt à filer droit parce qu'entre la crèmerie, le ménage et les mômes, la mère elle avait pas de temps à perdre dans les états d'âme ; alors ses tartes elles tombaient plus vite que la foudre et elles étaient pas au beurre qualité maison.

 

Quand Germaine, la fidèle employée depuis vingt ans, a décidé de prendre sa retraite, ça été le drame. C'est bien simple, tous les soirs la mère elle pleurait tellement que les voisins croyaient que Papa la battait. Germaine et la boutique ça allait ensemble, son départ c'était la fin. A la limite y aurait mieux fallu que la boutique s'écroule avec la vieille. Alors Germaine, qu'était pas méchante pour deux sous, pour calmer leur peine, elle leur a proposé les services de sa nièce qu'était sans boulot. Honnête, elle les avait néanmoins prévenus que la jeune c'était pas une lumière ; gentille, souriante et serviable mais pas très dégourdie.

 

Pour pas être une lumière Solange c'était même pas une lueur. Elle arrivait de la Creuse et on sentait d'emblée que si au niveau crèmerie elle en connaissait pas un rayon, par contre les vaches elle avait l'habitude de les côtoyer. Ca avait laissé des traces indélébiles ; mon père il avait raison quand il disait qu'il faut pas fréquenter n'importe qui. Elle était issue de la France profonde, celle où il y a vraiment beaucoup de terre, où ça colle aux chaussures même quand t'as quitté les sabots ; elle était d'un de ces endroits tellement retiré que tu les trouves sur aucune carte et quand t'y vas tu te demandes à quel siècle ils se sont arrêtés.

 

Elle avait une petite voix tellement stridente que t'avais toujours l'impression qu'on était en train de l'étrangler. Moi quand je l'entendais, j'avais vraiment envie de lui tordre le cou pour lui sortir les cordes vocales et effectuer un réglage. En plus, elle en loupait pas une. Je me suis souvent posé la question comment elle faisait pour survivre. La bêtise ça doit pas être une maladie fatale car avec la dose qu'elle trimbalait y a longtemps qu'elle aurait passé l'arme à gauche et elle risquerait plus de contaminer les autres.

 

Un jour mon père a une altercation avec un client qui mettait en doute la fraîcheur d'un de ses produits. Le paternel il est rentré dans une colère monstrueuse ; j'ai bien crû qu'il allait tuer le type. Car le vieux il fallait surtout pas oser crtitiquer la qualité de sa marchandise. Le client, Bâti comme une flûite, il a pas pu répondre mais il est allé voir les gendarmes. Prévenus, mes parents les attendais de pieds fermes.

 

Hélas, quand l'inspecteur, pompeux de son grade, tiré à quatre épingles, faisant un tas de manière avec sa bouche en cul de poule et son arrière serré, s'est présenté chez nous, c'est Solange qui l'a reçu. Je me souviendrai toujours de l'allure grotesque de ce petit bonhomme bien droit pour paraître plus grand, quand il a pénétré dans le magasin. Sans même saluer, il a lancé d'un ton supérieur :

" - Dubois, inspecteur de police !"

Et bien Solange, encore plus stupide qu'à son ordinaire, elle n'a rien trouvé de mieux que de répondre :

" - Ah non, Monsieur, ici c'est une crèmerie, on vend pas de bois et je suis pas inspecteur de police ! Pourtant je croyais que c'était écrit devant !"

 

Maman s'est évanouie, Papa s'est cassé le bras en tentant  de la  retenir. Ils ont vendu  la crèmerie et sont partis  élever des moutons dans le Larzac. Solange elle s'est mariée avec Dubois. 


              

Par VERONIQUE COULIBALY - Publié dans : CHRONIQUES INTEMPORELLES - Communauté : Blois, autrement
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